Souvent je travaille assise sur mon lit, le dos calé contre un oreiller judicieusement placé à la verticale. J'étends mes jambes vers l'avant comme si j'étais sur la plage et je me plonge dans mes papiers. L'avantage de rester au lit c'est que l'on garde l'apparence d'une journée pas encore commencée. Cela revient en quelque sorte à mystifier la fatigue. Ne se croyant pas encore levé, mon corps reste calme et reposé.
Le laptop sur mes jambes, donc, je poursuis mes travaux de traduction ou de corrections. Le ventilateur bien en face diffuse l'air nécessaire pour respirer convenablement en cette fin de juillet. A ma droite, une tasse de café et un petit-déjeuner qui de page en page se laisse manger.
Mon petit-dejéuner consiste en un yaourt avec de la farine d'avoine. Des vitamines aussi, des D et des B et l'oméga 3 sans compter un comprimé contre les maux d'estomac et les antibiotiques contre une saleté que je me suis chopée on ne sait où le jour de mon départ de la France vers Israel.
Tout cela pour vous dire que je ne suis jamais seule, assise parmi mes feuilles et cahiers. Mon gardien et ma secrétaire ne sont jamais bien loin. Mon gardien a 15 ans passés. Il s'étale sur le côté gauche du lit. Je l'entends ronronner. Ma secrétaire n'a que 4 ans, cette jeunette. Elle se place toujours à l'opposé du gardien. Vivace, agile, un mot la fait sursauter.
Ainsi, à toute heure du jour ou de la nuit, dès qu'ils me voient assise sur le lit, mes deux chats se bousculent pour me tenir compagnie. Toute imprégnée de leurs ondes alpha, cela me rassure de les savoir là, fidèles, attentifs à ma respiration, à mes moindres mouvements, à ma présence.
Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2009
