Mon médecin: j'ai besoin de lui. Le médecin de ma mémoire, de ce que je suis. Il est devenu lui-même un objet de ma souvenance. Il est devenu comme les autres, un mannequin disloqué, utilisé, fatigué. Il me manque.
Et pourtant: à l'intérieur de moi, silencieux mais puissant comme un père intérieur, comme une mère intérieure, à cet endroit là, il me protège, il m'aime et je sais qu'il est indestructible.
Il me dit: c'est comme ça. On ne sait pas toujours où mettre l'accent. On ne sait pas toujours quand c'est grave, ou aigu ou même circonflexe. On ne sait rien. Certaines choses n'ont pas l'importance qu'on leur accorde.
Ma soeur me manque: j'attends à tout moment la naissance de mon petit-fils, mon deuxième petit-enfant. J'attends le début de cette vie et je ne sais plus ... je ne sais plus ce que ma soeur aurait dit. J'aurais bien voulu lui téléphoner, maintenant, à cet instant, au lieu d'écrire une note sur mon blog.
Je me demande: qui est l'enfoiré qui a déclaré qu'une année c'était suffisant pour faire son deuil?
Ceci n'est pas un coup de déprime: ceci est un accent grave sur çà.
Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2008
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