jeudi 17 janvier 2008

Tai Chi, la chienne blanche - I

Ceci n'est pas un conte
mais une histoire vraie


Il fallu des vacances solitaires en l’hiver 2001 pour donner à Sandra Kohl l’idée de communiquer avec ses amis sur un canal de chat. Rapidement, comme le veut son age et la prédilection de ce moyen de communication effervescent, Sandra rencontra sur ce canal un jeune homme de 22 ans, étudiant à l’université de Haifa. Peu à peu la lycéenne donnait à son entourage des détails sur ce garçon; son éducation, ses goûts, son milieu. Tous deux commencèrent à communiquer fébrilement sur le chat, par e.mail et au téléphone. Sur les en-têtes des e.mails le nom du jeune homme s'affichait clairement: Rani Silber.

Peu avant les fêtes de Pourim, Rani trouva au bord de l'autoroute une jeune chienne blanche gravement blessée, un berger allemand de toute beauté. Il l’emmena chez le vétérinaire, la fit soigner et vacciner. Dans l'impossibilité de garder l'animal chez lui, habitant dans un appartement et possédant déjà deux grands chats persans, il se tourna tout naturellement vers sa nouvelle amie. Il la supplia de l’aider à trouver rapidement un foyer pour cette jolie chienne. Le service vétérinaire municipal avait en effet fixé un délai après lequel, si un propriétaire ne se présentait pas, la chienne serait piquée. Deux jours plus tard, le jour même où le délai pour la chienne expirait, le téléphone sonna chez les Kohl et une femme d'un Moshav des alentours demanda des renseignements sur la chienne blanche. Sandra avait en effet rédigé des annonces et les avait faites distribuer dans tous les villages des environs. Ainsi l'animal fut-il adopté par une famille de fermiers qui se rendirent chez Rani le jour même. Avant d’emmener leur nouvelle locataire les jeunes fermiers prirent connaissance du nom de la chienne blanche et Rani leur dit : « Cette chienne s'appelle Tai Tchi ».

Le jour de Pourim Sandra dit doucement à l’oreille de sa mère:
- Je vais aller voir Tai Tchi.
- C’est une excellente idée, s'exclama madame Kohl. Et tu y vas comment? Tu prends le bus?
- Non, dit Sandra. Pour plus de précisions Rani et moi allons rendre visite à Tai chi.

Monsieur et madame Kohl se regardaient, incrédules. Quelque part entre le moment où Sandra avait fait ses premiers pas et le moment où elle partait se promener à la campagne avec un jeune homme, des années avaient du passer , sans doute, mais ils n’en étaient plus surs tout à coup. Rani ne se contenta pas d’attendre Sandra en bas de la maison, il vint à leur porte et pénétra dans l’appartement. Ce grand gaillard fit connaissance immédiatement avec leur petite ménagerie: les oiseaux, l'iguane, la tortue, les poissons et les gerboises. Il entreprit une conversation avec le chat qui ne manqua pas d’intriguer madame Kohl. « D'où vient donc ce garçon qui parle avec les animaux comme on parle avec les hommes? » Se demanda-t'elle. Nos deux amis repartirent pour aller saluer leur survivante. Ils revinrent de la ferme souriants et heureux après cette randonnée campagnarde. Ainsi tous deux continuèrent de se rencontrer.

Quelque temps plus tard Judith Kohl demanda à sa fille ce que les parents de Rani faisaient dans la vie. Sandra lui répondit :

- Sa mère est médecin. Son père dirige une usine de pare-brises, une entreprise familiale héritée du grand-père.
- Des vitres pour voitures, des pare-brises!! Grand-père… Silber … Tu es sûre que Rani s’appelle Silber? Moi je te dis … non, il ne s’appelle pas Silber ...
- Mais c'est simple, dit Sandra, je lui demanderai demain.

Judith alla se coucher ce soir là toute bouleversée, se disant que son imaginaire faisait des heures supplémentaires. Et pourtant…l’image imposante de Rani dans l’encadrement de la porte, la carrure, le mètre 90, les oreilles un peu décollées, c’était bien ressemblant à ces personnes, à cette famille, oui ... à la tribu Silberstein.

A suivre ...

Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2008

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